Pourquoi on bâille ? (A1)
Why do we yawn? — Un bâillement, et toute la pièce bâille. Trois amis cherchent pourquoi : le cerveau, l'air, la fatigue... et pourquoi c'est si contagieux. Science légère et beaucoup de bâillements partagés.
Noé : Excusez-moi... aaah. Je bâille sans arrêt depuis ce matin.
Paul : Tu bâilles, et voilà, maintenant j'ai envie aussi.
Alice : Arrêtez, tous les deux ! Vous allez me donner le bâillement.
Noé : C'est trop tard. Regarde, il bâille déjà.
Paul : Aaah... pardon. C'est plus fort que moi.
Alice : Mais pourquoi on bâille, en fait ? Personne ne sait vraiment.
Noé : Il y a plusieurs idées. J'ai lu un article là-dessus.
Noé : La première idée : le cerveau a trop chaud.
Noé : Alors on bâille, on prend de l'air frais, et ça refroidit.
Paul : Le cerveau qui a chaud ? Mouais. Ça me paraît bizarre.
Alice : Attends, ça a du sens. Quand je suis fatiguée, j'ai chaud à la tête.
Noé : Exactement. Le bâillement, c'est une petite climatisation.
Paul : Une climatisation dans la tête. N'importe quoi.
Noé : Ris si tu veux. Mais regarde, tu bâilles encore.
Paul : Aaah... bon, d'accord. Celui-là, je ne l'ai pas vu venir.
Alice : Et la deuxième idée, c'est quoi ?
Noé : La fatigue, bien sûr. On bâille quand le corps veut dormir.
Alice : Ça, c'est facile à croire. Le soir, je bâille sans arrêt.
Paul : Moi aussi, en réunion. Surtout quand c'est long et ennuyeux.
Noé : Tu vois. Le corps dit : « réveille-toi un peu ! »
Alice : Mais alors, pourquoi c'est contagieux ? Ça, je ne comprends pas.
Noé : Ça, c'est la partie la plus belle. C'est une histoire d'empathie.
Paul : D'empathie ? Mais comment ça marche, exactement ?
Noé : Quand tu aimes bien quelqu'un, ton cerveau copie ses gestes.
Noé : Il bâille, tu bâilles. C'est une façon de dire : je te comprends.
Alice : Donc, si je bâille avec toi, c'est que je t'aime bien ?
Noé : C'est l'idée. Le corps parle avant les mots, en silence.
Paul : Attends, donc tout à l'heure, j'ai bâillé avec vous...
Paul : Ça veut dire que je vous aime bien, tous les deux ? Zut.
Alice : Trop tard, c'est dit par ton cerveau. On est tes amis.
Noé : Un peu, oui. On bâille plus avec les amis qu'avec les inconnus.
Noé : Et les bébés ne l'attrapent pas avant quatre ou cinq ans, c'est fou.
Alice : Ah bon ? Pourquoi seulement à cet âge-là ?
Noé : Parce que l'empathie, ça grandit avec nous, petit à petit.
Paul : Alors là, franchement, je trouve ça mignon.
Alice : Attends, je teste. Je bâille très fort... et toi ?
Paul : Aaah ! Voilà. Tu as gagné. C'est pénible.
Noé : Tu savais que même les chiens bâillent quand leur humain bâille ?
Alice : Les chiens aussi ? Carrément incroyable.
Paul : Et mon chat, lui, pourquoi il ne bâille jamais avec moi ?
Noé : Les chats nous aiment à leur façon. Pas avec les bâillements.
Paul : Ça, c'est bien vrai. Mon chat m'aime quand il a faim.
Alice : En tout cas, moi, je bâille rien qu'en parlant de bâiller.
Alice : Regardez, ça remonte... aaah, voilà, encore un.
Paul : Arrête de le dire ! Chaque fois, ça me reprend aussi.
Alice : Et pour arrêter de bâiller, on fait comment ?
Noé : On respire par le nez, lentement. Tu veux essayer avec moi ?
Alice : Du coup, on se lève, on s'étire, et ça passe ?
Noé : Voilà. Un verre d'eau aide aussi. Le corps aime l'eau.
Paul : Bon, moi, après tout ça, j'ai surtout envie d'une sieste.
Alice : Une sieste ? Et nous, on fait quoi, nous deux ?
Noé : On parle de la sieste au prochain épisode. Ça tombe bien.
Paul : Parfait. Je commence mes recherches tout de suite... les yeux fermés.
Noé : Repose-toi. Mais ne t'endors pas sur mon épaule, cette fois.
Paul : Je ne promets rien. Ton épaule est très confortable.
Alice : Regardez-nous. On bâille tous les trois, maintenant.
Noé : C'est la preuve, alors. On s'aime bien, tous les trois.
Paul : Aaah... d'accord, je l'avoue. Même si je dis le contraire.
Alice : Alors, maintenant que tout le monde a bâillé, on sait le secret.
Noé : Le bâillement, c'est juste une petite façon de se dire bonjour.