La nuit, le sommeil et une chaussette qui crépite (A1)
The night, sleep and a crackling sock — Minuit passé, l'une ne dort pas et ses chaussettes en laine font des étincelles. L'autre, calme, donne ses petits secrets pour trouver le sommeil. Écran, livre ennuyeux et grande respiration.
Emma : Il est minuit, et je ne dors pas. Encore.
Lucas : Encore ? Qu'est-ce qui se passe ?
Emma : Je ne sais pas. Je tourne, je tourne dans le lit.
Lucas : Tu regardes ton téléphone au lit, non ?
Emma : Un peu. Bon, d'accord, beaucoup.
Lucas : Voilà le problème. L'écran, ça réveille le cerveau.
Emma : Franchement, un petit écran, ça change quoi ?
Lucas : Ça change tout. La lumière dit à ton corps : c'est le jour !
Emma : Mouais. Et mes chaussettes qui font des étincelles, c'est le jour aussi ?
Lucas : Tes chaussettes font des étincelles ?
Emma : Oui ! En laine. Je touche la couverture, et ça crépite.
Lucas : Ah, l'électricité statique. L'air est trop sec, chez toi.
Emma : Trop sec ? Qu'est-ce que je fais, alors ?
Lucas : Un verre d'eau près du lit, une plante... ça aide un peu.
Emma : Une plante contre les étincelles ? N'importe quoi.
Lucas : Mais si ! L'air devient moins sec. Essaie, tu vois.
Emma : Et le café du soir, ça compte ? J'en bois un après le dîner.
Lucas : Ah oui, ça compte beaucoup. Le café du soir, c'est fini.
Emma : Fini le café ? Mais j'adore mon petit café après le repas.
Lucas : Une tisane, alors. Chaude, douce, et sans caféine.
Emma : Bon. Et pour dormir, tu fais quoi, toi ?
Lucas : Moi, je pose le téléphone loin, dans une autre pièce.
Lucas : Ensuite, je lis deux pages d'un livre, pas plus.
Lucas : Et je respire lentement. Petit à petit, je pars.
Emma : Deux pages ? Moi, je lis, et je veux savoir la suite.
Lucas : Choisis un livre un peu ennuyeux, alors.
Emma : Un livre ennuyeux exprès ? Tu es sérieux ?
Lucas : Très sérieux. Un livre barbant, c'est un bon somnifère.
Lucas : Trois pages d'un livre bien ennuyeux, et tes yeux se ferment. Garanti.
Emma : D'accord, ça, ça me fait rire.
Emma : Attends, ce n'est pas si simple pour moi.
Lucas : Je sais. On essaie un truc à la fois, tranquille.
Lucas : Et la chambre, elle est dans le noir complet ?
Emma : Pas vraiment. Il y a la lumière de la rue.
Lucas : Ferme bien les rideaux. Le noir aide à se détendre.
Emma : Me détendre, oui, mais mon cerveau ne s'arrête jamais.
Lucas : Essaie un truc : compte tes respirations, lentement.
Emma : Compter ? Comme les moutons ? Ça marche vraiment ?
Emma : Les moutons, franchement, ça ne marche jamais pour moi.
Lucas : Les respirations, c'est mieux que les moutons. Les moutons courent partout.
Emma : Ha ! C'est vrai, mes moutons sont très agités.
Lucas : Tu vois. Alors tu respires, et tu comptes, tout doucement.
Emma : Un... deux... trois... et déjà, je pense au travail.
Emma : Le travail, les mails, la liste des courses... tout revient.
Lucas : C'est normal au début. Le travail, tu le poses, comme le téléphone.
Emma : Poser le travail dans une autre pièce, alors ?
Lucas : Exactement. La nuit, le travail attend. Il ne part pas.
Emma : Ça, c'est bien vrai. Il est toujours là le matin.
Lucas : Et pour les chaussettes, enlève-les avant de dormir.
Emma : Mais j'ai froid aux pieds ! Je ne peux pas.
Lucas : Alors des chaussettes en coton, pas en laine.
Emma : Du coton contre les étincelles. D'accord, j'essaie.
Lucas : Tu vois, on a un plan. Téléphone loin, rideaux fermés, coton aux pieds.
Emma : Et un livre barbant sur la table de nuit.
Lucas : Voilà. Le livre le plus ennuyeux de la maison.
Emma : J'en ai un parfait. Je ne dépasse jamais la page trois.
Lucas : Parfait, c'est le bon. Garde-le près du lit.
Emma : Tu sais, je me sens déjà plus calme, là.
Lucas : Tu baisses la voix, aussi. C'est bon signe.
Emma : Mes yeux sont lourds, en fait. Enfin !
Lucas : Alors on arrête de parler. Ferme les yeux.
Emma : D'accord... je respire... un... deux...
Lucas : Trois... et voilà. Bonne nuit, dors bien.
Emma : Bonne nuit. Et merci, vraiment.