Ma première console (A2)
My first console — Deux amis racontent leur première console : une Game Boy, une Mega Drive, puis la PlayStation. Souvenirs d’enfance, règles des parents, cartouches et disques, et ce que ces jeux ont changé.
Antoine : Ma première console : nos souvenirs de joueurs.
Antoine : Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue ! Aujourd’hui, un épisode pour les enfants qui sont devenus grands, et qui jouent encore un peu.
Camille : Oui, j’ai hâte de parler de nos premières consoles. Pas des machines très chères d’aujourd’hui, mais des petites boîtes de notre enfance, avec une manette, un écran, et beaucoup de bruit.
Antoine : Moi, j’ai reçu ma première console à dix ans. Et toi, tu avais quel âge ?
Camille : J’avais huit ans. Je m’en souviens très bien : c’était à Noël, il y avait de la neige, et mon père a posé un grand paquet devant moi.
Antoine : Alors tu vas commencer. Et après, je te raconte la mienne. Et à la fin, on parle de ce que ces jeux ont changé dans nos vies.
Camille : Ça marche, c’est parti ! Je te raconte d’abord ce Noël, parce que je m’en souviens comme si c’était hier.
Camille : Ma première console, c’était une Game Boy. Une petite console grise, avec un écran très petit, vert et gris, et pas de couleurs du tout.
Antoine : Ah oui, la Game Boy ! Elle est sortie en mille neuf cent quatre-vingt-neuf au Japon, un an plus tard en Europe, je crois. Elle marchait avec des piles.
Camille : Oui, des piles, et elles ne duraient pas longtemps ! Mon père m’a donné la console avec un seul jeu : Tetris. Tu connais Tetris, bien sûr.
Antoine : Bien sûr. Les petites formes qui tombent, et il faut faire des lignes.
Camille : Voilà. Et j’ai joué sans arrêt, pendant des semaines. Dans la voiture, dans le train, sous la table pendant le repas. Un soir, ma mère a dit : « Ça suffit, tu as joué trois heures ! »
Antoine : Mes parents aussi avaient des règles. Chez moi, c’était une heure par jour, pas plus. Mais continue, je t’écoute.
Camille : Alors, voilà le plus drôle. Je jouais dans la voiture, et un jour, j’ai fini un niveau très difficile. J’ai crié : « Ça y est ! » Et mon père a freiné d’un coup, parce qu’il a eu peur !
Antoine : Oh, le pauvre. Il faut faire attention, avec une petite joueuse dans la voiture.
Camille : Oui, mais il n’était pas fâché. Un mois plus tard, il a acheté un deuxième jeu pour moi : Super Mario Land. Mario, avec son chapeau rouge, est devenu mon héros.
Antoine : Mario, c’est l’histoire de Nintendo, non ? Tu sais, cette entreprise japonaise est très, très ancienne.
Camille : Oui, il paraît que Nintendo a commencé il y a plus de cent trente ans, vers mille huit cent quatre-vingt-neuf. Mais pas avec des consoles : avec des cartes à jouer !
Antoine : Des cartes à jouer ? C’est drôle. Donc des cartes au début, et au bout d’un moment, des jeux sur écran.
Camille : Oui. Et la première grande console de salon de Nintendo est sortie vers mille neuf cent quatre-vingt-trois au Japon.
Camille : Mais moi, je n’ai jamais eu cette console. J’ai seulement eu la petite Game Boy, et je l’aimais beaucoup.
Antoine : Et aujourd’hui, tu joues encore avec ta Game Boy ?
Camille : Elle est dans une boîte, chez mes parents. Je l’ai retrouvée l’année dernière et j’ai mis des piles. Elle marche encore ! Quelle joie, j’ai joué une heure à Tetris. Ça vaut le coup de garder les vieilles choses.
Antoine : Moi, j’ai tout vendu, malheureusement. Mais bon, je vais te raconter pourquoi.
Antoine : Ma première console, c’était une Mega Drive, une console de Sega. Elle est sortie en Europe vers mille neuf cent quatre-vingt-dix, et un grand ami de la famille me l’a donnée.
Camille : Ah oui, la Mega Drive ! Avec Sonic, le hérisson bleu qui court très vite.
Antoine : Oui, Sonic est arrivé en mille neuf cent quatre-vingt-onze. J’ai joué à fond, tous les soirs avec mon grand frère. Dans le deuxième jeu, lui, il choisissait Sonic, et moi, son ami Tails, le petit renard.
Camille : Vous jouiez ensemble sur le même écran ?
Antoine : Oui, sur la télévision du salon. Mon frère avait une manette, moi j’avais l’autre, et nous étions assis par terre, très près de l’écran.
Antoine : Ma mère disait toujours : « Reculez, vous allez perdre les yeux ! » Et on reculait… de dix centimètres.
Camille : Ah, les mamans disent toutes ça. Et les jeux, comment ils étaient ? Ce n’étaient pas des disques, je crois.
Antoine : Non, c’étaient des cartouches, des petites boîtes noires en plastique. Il fallait mettre la cartouche dans la console, et souvent, il fallait souffler dedans, parce que la poussière empêchait le jeu de marcher.
Camille : Souffler dans une cartouche ! Ça, c’est un vrai souvenir d’enfance. Moi aussi, je soufflais dans mes cartouches de Game Boy.
Antoine : Alors tu comprends. Un jour, ma Mega Drive est tombée en panne. Plus d’image, plus de son, rien.
Antoine : J’ai pleuré dans ma chambre, et mon frère a dit : « Pas de panique, on va l’ouvrir. »
Camille : Et alors ? Il a réparé ta console ?
Antoine : Presque ! Il a nettoyé un petit fil avec un chiffon. Et l’écran s’est allumé, tout doucement. On a sauté de joie, on a crié, et ma mère est arrivée en courant.
Camille : Quel soulagement ! Beaucoup d’enfants ont perdu leur console pour toujours.
Antoine : C’est vrai. Dans ma classe, il y avait deux camps : les enfants Sega, comme moi, et les enfants Nintendo, comme toi. On parlait de ça à chaque récréation, mais c’était amusant, pas méchant.
Camille : Chez nous aussi ! Et honnêtement, aujourd’hui, je trouve que les deux consoles étaient très bien.
Antoine : Je suis d’accord. Bon, maintenant, on passe à la console qui a tout changé pour moi : la PlayStation.
Camille : C’est parti pour la PlayStation, la grise, avec les quatre boutons : un rond, une croix, un carré, un triangle. Elle est sortie au Japon en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, et en Europe un an plus tard.
Antoine : Oui, c’est la même année que mes treize ans. Mes parents ont acheté la console pour tout le monde à Noël. Ce n’était pas un petit cadeau : elle était très chère, et ils ont économisé pendant plusieurs mois.
Camille : Et la grande différence avec la Mega Drive, c’est le disque, non ?
Antoine : Voilà. Plus de cartouches ! Les jeux étaient sur des disques, comme les disques de musique. On les mettait dans la console, on fermait, et on attendait. Et il y avait beaucoup plus de place pour de la musique et des images.
Camille : Et les images, elles étaient très différentes ?
Antoine : Oui, c’était la grande nouveauté : les jeux en trois dimensions. Avec la Mega Drive, les personnages allaient à droite et à gauche, comme sur une feuille.
Antoine : Avec la PlayStation, on pouvait tourner, aller dans toutes les directions. J’ai pensé : « C’est de la magie ! »
Camille : Moi, j’ai joué à fond à la PlayStation chez ma cousine. Je me souviens d’un jeu de course de voitures. Je ne savais pas tourner, et ma voiture est restée coincée dans un mur pendant dix minutes.
Camille : Ma cousine riait tellement fort que sa mère est venue voir. Et moi, j’ai rendu la manette, très vite !
Antoine : Ah, j’ai connu ça aussi ! Et j’ai aussi un souvenir plus calme, un grand jeu d’aventure, avec une histoire très longue. J’ai joué sans arrêt pendant tout l’hiver.
Camille : Tout l’hiver ? Mais comment tu gardais ta partie ? Avec la Game Boy, je n’avais pas de sauvegarde, il fallait laisser la console allumée.
Antoine : Avec la PlayStation, il y avait une petite carte mémoire. On gardait la partie dedans, et on la reprenait le lendemain. C’était comme un petit carnet de notes pour le jeu.
Antoine : Une fois, mon frère l’a perdue, et on a tout recommencé.
Camille : Oh non ! Et tu as été fâché ?
Antoine : Très fâché pendant une heure. Et au bout d’un moment, on a ri, parce que le premier niveau était facile quand on le connaissait déjà.
Camille : C’est une bonne façon de voir les choses. Mais dis-moi : aujourd’hui, est-ce que les consoles sont meilleures qu’avant ?
Antoine : Elles sont plus belles, plus rapides, avec des images presque comme un film. Mais je ne suis pas sûr qu’elles soient plus amusantes. Peut-être, parce qu’elles sont plus compliquées. Et la mienne est déjà tombée en panne deux fois !
Camille : Alors parlons de ça : qu’est-ce que ces jeux ont changé dans nos vies ? Pour moi, c’est l’anglais. J’ai appris mes premiers mots anglais avec Mario et Tetris : start, game over, level.
Antoine : Moi aussi ! Et il y a eu aussi autre chose pour moi : j’ai appris à perdre.
Antoine : Dans un jeu, on perd cent fois, et on recommence. Ça apprend la patience.
Camille : C’est vrai. Mais attention, je ne dis pas que les jeux sont toujours bons. Mes parents avaient raison de poser des règles. Trois heures, c’était trop. Aujourd’hui, je joue une heure le soir, pas plus.
Antoine : Oui, mais j’ai envie de défendre un peu les jeux. Moi, avec mon frère, on a passé des soirées entières ensemble.
Antoine : On parlait, on riait, on s’entraidait. Je crois que c’était une façon d’être proches.
Camille : Pas si simple, quand même. J’ai de la chance, je joue avec des amis. Beaucoup d’enfants jouent seuls dans leur chambre, avec un casque, et ils ne parlent plus à personne.
Antoine : Oui, mais c’est vrai pour la télévision, ou pour les livres. Tout dépend de la façon d’en profiter. Le plus important, c’est de jouer avec quelqu’un, et de faire des pauses.
Camille : Là, je suis d’accord avec toi. Et un petit conseil pour les auditeurs : si vous avez encore une vieille console dans une boîte, sortez-la ! Ça vaut le coup, même pour dix minutes.
Antoine : Oui, mais regardez bien le prix avant d’acheter un jeu ancien. Aujourd’hui, certaines vieilles cartouches coûtent très cher, parce que les collectionneurs les cherchent partout.
Antoine : Pas de panique : les petits jeux de poche sont souvent moins chers.
Camille : Bon conseil. Et le matin de Noël, quand on ouvre un paquet et qu’on voit une console, ça, c’est un souvenir qui ne finit jamais.
Antoine : Quand j’y pense, j’ai de la chance. Mes parents n’étaient pas riches, mais ils ont toujours trouvé un moyen pour nous donner ce cadeau.
Camille : Bon, on résume ? Qu’est-ce qu’on retient de notre épisode ?
Antoine : Un : la Game Boy, avec les piles, Tetris et Mario, un souvenir de voiture et de neige.
Camille : Deux : la Mega Drive, ses cartouches, Sonic et les soirées avec le grand frère.
Camille : Et trois : la PlayStation, qui a apporté les disques, les images en trois dimensions et la carte mémoire.
Antoine : Et quatre : les jeux nous ont appris l’anglais, la patience, et le plaisir d’être ensemble. Mais il faut faire attention : une heure par jour, ça suffit, et on fait des pauses.
Camille : Et toi, qui nous écoutes : c’était quoi, ta première console ? Tu avais quel âge ? Tu jouais avec qui ? Raconte ton souvenir à quelqu’un aujourd’hui, parce que j’ai hâte de savoir ce que vous avez gardé.
Antoine : Merci d’être resté avec nous jusqu’au bout.
Camille : Merci à vous ! Et à bientôt pour un autre épisode.
Antoine : À bientôt !