Traverser les mers sur des bateaux rudimentaires : l’appel du large (B1)

Crossing the seas on rudimentary boats: the call of the open ocean — Sans moteur, sans ordinateur et parfois sur un simple radeau de bois ou un vieux bateau reconstruit à la main : de Joshua Slocum et Bernard Moitessier à l’expédition du Kon-Tiki et aux pirogues polynésiennes, nos deux hôtes racontent les plus extraordinaires navigations à l’ancienne.

Bastien : Traverser les mers sur des bateaux rudimentaires : l’appel du large.

Camille : Bonjour ! Regarde ce bel instrument en laiton brillant que tu as posé à côté de tes cartes marines en papier : c’est un vrai sextant d’autrefois ?

Bastien : Bonjour ! Oui, c’est le sextant de mon grand-père marin : avec ce simple petit miroir gradué et une montre, on peut trouver sa position au milieu de n’importe quel océan sans électricité et sans satellite !

Camille : Aujourd’hui, quand on regarde les grands voiliers de course modernes, ils ressemblent presque à des avions de chasse en carbone qui volent au-dessus des vagues avec dix ordinateurs à bord.

Bastien : C’est vrai, mais justement, l’histoire la plus romantique et la plus folle de la mer a été écrite sur des embarcations rudimentaires : de vieux bateaux en bois, des pirogues cousues ou même de simples radeaux de troncs d’arbres !

Camille : Et tout commence avec le père fondateur de la navigation en solitaire autour du monde : le capitaine canadien-américain Joshua Slocum !

Bastien : Raconte-nous dans quel état se trouvait son fameux bateau, le Spray, quand on le lui a donné en mille huit cent quatre-vingt-douze !

Camille : Ce n’était même plus un bateau, c’était une épave pourrie abandonnée depuis sept ans au milieu d’un champ sous une bâche en toile !

Camille : Un vieil ami baleinier a dit à Slocum : viens voir dans mon pré, je te donne ce vieux bateau de pêche aux huîtres, mais il a besoin de quelques petites réparations !

Bastien : Quelques petites réparations ? Le bois était tellement mou qu’on pouvait y enfoncer le doigt !

Camille : Alors Joshua Slocum a pris sa hache et sa scie, il a abattu lui-même un grand chêne et des pins dans la forêt voisine, et pendant treize mois, planche par planche, il a reconstruit entièrement le Spray de ses propres mains !

Bastien : Et le vingt-quatre avril mille huit cent quatre-vingt-quinze, à cinquante et un ans, il a décidé de mettre les voiles depuis Boston pour tenter ce que personne n’avait jamais réussi : le tour du monde en solitaire !

Camille : À l’époque, tous les experts maritimes disaient que c’était du suicide, parce qu’un homme seul doit bien dormir la nuit et qu’il ne peut pas tenir le gouvernail vingt-quatre heures sur vingt-quatre !

Bastien : Mais comment le Spray faisait-il pour garder sa route tout seul pendant que Slocum dormait dans sa cabine ou faisait cuire ses pommes de terre ?

Camille : Grâce à l’équilibre magique de ses voiles et de sa coque ! Slocum réglait l’angle de sa voile d’avant et de sa grand-voile.

Camille : Il attachait ensuite la roue du gouvernail avec une simple cordelette, et le bateau filait tout droit sur trois mille kilomètres sans dévier d’un degré !

Bastien : Pas d’électronique, pas de pilote automatique électrique, pas de moteur : uniquement la géométrie du bois et du vent !

Camille : Et connais-tu l’anecdote géniale de son horloge à bord du Spray ?

Bastien : Oh oui ! Pour calculer sa longitude en mer, un capitaine avait normalement besoin d’un chronomètre d’or très coûteux, mais Slocum n’avait pas d’argent pour l’acheter.

Camille : Alors il a acheté un vieux réveil cabossé en fer-blanc pour un dollar, et au milieu du Pacifique, le réveil a perdu sa grande aiguille des minutes : il a fait la fin du tour du monde en la faisant bouillir dans l’eau chaude quand elle s’arrêtait !

Bastien : Et quand il a franchi le détroit de Magellan tout au sud de l’Amérique, la nuit, comment se protégeait-il des pirates qui montaient pieds nus sur le pont des navires ?

Camille : Avant d’aller dormir, il semait des centaines de petits clous à tapisserie la pointe en l’air sur tout le pont en bois du bateau !

Bastien : En pleine nuit, il a entendu des hurlements de douleur, des gens qui sautaient à l’eau, et il a pu finir sa nuit tranquillement !

Camille : Quel personnage ! Après trois ans et soixante-quatorze mille kilomètres, il a ramené le Spray à bon port en mille huit cent quatre-vingt-dix-huit.

Bastien : Mais au vingtième siècle, un explorateur norvégien est allé encore plus loin dans le dépouillement en traversant l’océan Pacifique sur un simple radeau préhistorique : Thor Heyerdahl et le Kon-Tiki !

Camille : Pourquoi Thor Heyerdahl et ses cinq compagnons d’équipage ont-ils construit ce radeau en mille neuf cent quarante-sept au Pérou ?

Bastien : Pour prouver que les anciens peuples d’Amérique du Sud auraient pu naviguer sur le Pacifique jusqu’aux îles de Polynésie bien avant l’invention des grands navires modernes.

Bastien : Ils sont allés dans la jungle équatorienne couper neuf grands troncs d’arbres de balsa, un bois très léger, et ils les ont attachés ensemble uniquement avec des cordes de chanvre !

Camille : Non, attends, aucun clou en fer, aucun boulon ni aucun câble métallique pour retenir les neuf troncs entre eux face aux vagues de l’océan ?

Bastien : Pas un seul ! Et tous les officiers de marine qui visitaient le chantier au port de Callao leur disaient : votre bois de balsa va boire l’eau de mer comme une éponge et couler au fond du Pacifique en quinze jours !

Camille : Et qu’est-ce qui s’est passé en réalité quand ils ont pris le large ?

Bastien : La sève naturelle des arbres frais a empêché l’eau de pénétrer au cœur des troncs, et les cordes en chanvre ne cassaient pas parce qu’elles s’enfonçaient légèrement dans le bois tendre !

Bastien : Avec une simple cabane en bambou couverte de feuilles de bananier et une voile carrée peinte à l’effigie du dieu du soleil, le radeau Kon-Tiki a dérivé sur huit mille kilomètres pendant cent un jours jusqu’à l’archipel des Tuamotu en Polynésie française !

Camille : Comment se nourrissaient-ils à bord d’un radeau dont le plancher de bois laissait passer l’eau entre chaque tronc ?

Bastien : C’était le plus incroyable : chaque matin au réveil, l’équipage ramassait directement sur les troncs des dizaines de poissons volants qui avaient sauté sur le radeau pendant la nuit !

Camille : Le petit-déjeuner livré à domicile par l’océan Pacifique !

Bastien : Exactement !

Camille : Et cinq ans plus tard, en mille neuf cent cinquante-deux, un jeune médecin français de vingt-huit ans a tenté une expérience encore plus radicale sur l’Atlantique : Alain Bombard !

Bastien : Le fameux naufragé volontaire à bord de son petit canot pneumatique baptisé L’Hérétique !

Camille : Oui ! À l’époque, des milliers de marins mouraient en mer quelques jours après un naufrage parce qu’ils croyaient que sans provisions à bord, tout était perdu.

Camille : Pour leur prouver que la mer pouvait nourrir et sauver un naufragé, Alain Bombard s’est lancé des îles Canaries sur un canot gonflable de quatre mètres soixante-cinq.

Camille : Il a traversé tout l’océan Atlantique jusqu’à la Barbade en soixante-cinq jours, sans emporter ni une goutte d’eau ni un gramme de nourriture !

Bastien : Comment a-t-il survécu soixante-cinq jours sans une seule bouteille d’eau douce ?

Camille : Il pressait la chair des poissons qu’il pêchait pour en boire le jus très peu salé, il recueillait l’eau de pluie dans sa petite voile et mangeait une cuillère de plancton marin riche en vitamine C chaque jour !

Bastien : Grâce à son courage, tous les radeaux de survie du monde ont ensuite été équipés de lignes de pêche et de petits filtres !

Camille : Mais dans le cœur de tous les marins français, il y a une figure poétique qui incarne plus que tout autre la liberté des océans : Bernard Moitessier et son voilier rouge Joshua !

Bastien : Il avait d’ailleurs nommé son bateau Joshua en hommage à Joshua Slocum !

Camille : Oui ! Et comment était construit ce fameux voilier Joshua ?

Bastien : C’était une coque très solide en acier soudé, mais pour les deux mâts du bateau, comme Moitessier avait peu d’argent, il a utilisé deux grands poteaux télégraphiques en bois de pin !

Camille : Des poteaux télégraphiques en guise de mât ! Et c’est avec ce bateau rustique qu’il a pris le départ en mille neuf cent soixante-huit de la toute première course autour du monde en solitaire et sans escale, le Golden Globe !

Bastien : À bord, il n’avait même pas voulu emporter de radio émettrice : pour donner de ses nouvelles aux cargos qu’il croisait en mer, il utilisait un simple lance-pierre !

Camille : Un lance-pierre ? Il glissait son courrier dans une boîte métallique et la lançait avec un élastique sur le pont des grands navires qui passaient près de lui !

Bastien : Et après avoir franchi les trois grands caps du Sud, le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn, son bateau était si rapide qu’il allait gagner la course et la prime financière en Angleterre !

Camille : Mais au moment de remonter l’océan Atlantique vers la foule des journalistes et le bruit de l’Europe, Bernard Moitessier a pris la décision la plus célèbre de toute l’histoire de la voile.

Bastien : Il a tiré au lance-pierre un dernier message sur le pont d’un navire au large de l’Afrique du Sud : je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme !

Camille : Au lieu de rentrer gagner le trophée, il a viré de bord et il a fait un demi-tour du monde supplémentaire sans escale jusqu’à Tahiti !

Bastien : Un tour du monde et demi d’une seule traite en dix mois : son livre La Longue Route est devenu la bible de tous ceux qui ont le pied marin.

Camille : C’est sublime.

Bastien : Et parlons aussi des maîtres absolus de la navigation sans instruments sur toute la planète : les navigateurs polynésiens et leur grande pirogue double Hōkūleʻa !

Camille : Dans les années soixante-dix, des chercheurs doutaient encore que les anciens Polynésiens aient pu traverser volontairement des milliers de kilomètres d’océan sans boussole ni sextant.

Bastien : Alors les Hawaïens ont construit une grande pirogue traditionnelle à double coque et ont fait appel au maître navigateur micronésien Mau Piailug.

Bastien : Ensemble, ils ont navigué de Hawaï jusqu’à Tahiti sur quatre mille kilomètres sans une seule carte, sans montre et sans boussole !

Camille : Mais comment un être humain peut-il trouver une toute petite île au milieu du Pacifique sans boussole ?

Bastien : Grâce à une science d’observation prodigieuse transmise de génération en génération !

Bastien : La nuit, le navigateur connaît par cœur le point exact de l’horizon où se lèvent et se couchent plus de cent cinquante étoiles : c’est sa boussole céleste.

Bastien : Et le jour, ou quand le ciel est couvert de nuages, il s’allonge au fond de la coque en bois les yeux fermés pour sentir avec son corps le croisement des différentes houles de l’océan !

Camille : Sentir le rebond d’une vague sur une île située à cent kilomètres de là simplement par le mouvement du bois sous son dos, c’est d’une finesse incroyable !

Bastien : Et à l’approche des terres, ils observent la couleur du dessous des nuages qui reflète le vert émeraude du lagon, ainsi que le vol des oiseaux marins qui rentrent nourrir leurs petits le soir !

Camille : Entre deux mille quatorze et deux mille dix-sept, cette pirogue hawaïenne a même accompli le tour complet de la Terre uniquement avec cette navigation ancestrale aux étoiles !

Bastien : C’est fabuleux !

Camille : Et aujourd’hui, en France, cet amour de la navigation simple et authentique est plus vivant que jamais !

Bastien : Tu penses à la fameuse Golden Globe Race qui part des Sables-d’Olonne en hommage à la course de Bernard Moitessier ?

Camille : Oui ! Les règles de cette course moderne sont géniales : les marins partent faire le tour du monde sans escale sur de petits voiliers traditionnels conçus avant mille neuf cent quatre-vingt-huit.

Camille : À bord, tout appareil numérique moderne est strictement interdit : pas de GPS, pas d’ordinateur, pas de téléphone intelligent, seulement un sextant, des tables de calcul en papier et des cassettes audio pour écouter de la musique !

Bastien : Et en deux mille dix-neuf, c’est le grand marin français Jean-Luc Van Den Heede qui a gagné cette course à l’âge de soixante-treize ans après deux cent douze jours seul en mer !

Camille : En vrai, certains disent pourtant que naviguer sans électronique au vingt et unième siècle est une nostalgie inutile.

Bastien : Pas forcément ! Au contraire, savoir faire le point au sextant et comprendre le vent sans dépendre d’une batterie électrique ou d’un écran reste la plus grande sécurité d’un vrai marin !

Camille : Oui, mais surtout, quand tu n’as plus le nez collé sur un écran d’ordinateur dans ta cabine, tu regardes à nouveau la mer, le ciel, les albatros et les étoiles.

Bastien : Comme l’écrivait Moitessier, un petit bateau bien réglé qui glisse sous le vent des alizés devient un violon accordé avec l’univers.

Camille : D’ailleurs, il y a une autre aventure maritime extraordinaire que tout le monde peut visiter en France : la reconstruction de la frégate en bois L’Hermione à Rochefort !

Bastien : Oh oui, le célèbre navire du dix-huitième siècle à bord duquel le marquis de La Fayette avait traversé l’Atlantique en mille sept cent quatre-vingts pour aider l’indépendance américaine !

Camille : Pendant dix-sept ans, des charpentiers de marine, des forgerons et des voiliers ont reconstruit ce grand trois-mâts à la main avec deux mille chênes des forêts françaises et vingt-cinq kilomètres de cordages en chanvre !

Bastien : Et quand L’Hermione a traversé à nouveau l’océan Atlantique jusqu’à New York et Boston, de jeunes bénévoles grimpaient pieds nus à trente mètres de haut dans les cordages pour plier chaque voile en toile de lin face au vent !

Camille : Il existe aussi un navigateur tchèque et américain, Sven Yrvind, qui traverse les océans à plus de quatre-vingts ans dans des micro-voiliers de quatre mètres de long qu’il construit lui-même dans son salon !

Bastien : Quatre mètres de long ! C’est la taille d’une toute petite voiture citadine sur les vagues de l’Atlantique !

Camille : Pourquoi préfère-t-il un bateau minuscule de quatre mètres plutôt qu’un grand yacht de quinze mètres ?

Bastien : Il explique qu’un tout petit bateau très léger et très épais flotte par-dessus les vagues comme un bouchon de liège sans jamais se briser sous le poids de l’eau !

Bastien : Et dans sa minuscule cabine remplie de cent livres de philosophie et de mathématiques, il lit tranquillement pendant que la tempête souffle dehors.

Camille : Et parlons aussi du navigateur français Corentin de Chatelperron, qui a construit au Bangladesh un petit voilier fabriqué avec de la fibre naturelle de plante de jute et de la résine bio !

Bastien : Oui ! Son premier bateau en toile de jute s’appelait Tara Tari, et il a navigué six mois du golfe du Bengale jusqu’en France avec deux poules pondeuses et une petite serre de pommes de terre à bord !

Camille : Naviguer sur un bateau fabriqué avec des plantes locales et des matériaux recyclables, c’est peut-être ça, la vraie modernité de demain.

Bastien : Apprendre des techniques ancestrales des Polynésiens, des charpentiers de bois et des pionniers pour inventer une aventure propre et légère.

Camille : Et quand on monte à bord d’un petit dériveur en bois dans une école de voile en Bretagne ou en Méditerranée, comment apprend-on à sentir d’où vient le vent ?

Bastien : On regarde les petits fils de laine cousus sur la voile, on écoute le clapotis de l’eau contre la coque et on sent la fraîcheur de la brise sur ses oreilles et ses joues !

Camille : Dès que la voile se gonfle en silence et que le bateau s’incline légèrement, on comprend tout de suite pourquoi l’être humain prend la mer depuis des millénaires.

Bastien : C’est une sensation de liberté pure.

Camille : Tout à fait !

Bastien : Et pas besoin d’attendre d’avoir un yacht de luxe : un vieux bateau en bois remis à neuf entre amis suffit pour vivre l’aventure.

Camille : D’ailleurs, sais-tu quel petit objet simple tous les marins traditionnels utilisent pour stabiliser leur gouvernail quand ils naviguent seuls ?

Bastien : Tu parles du régulateur d’allure à girouette, cette petite pale mécanique placée à l’arrière du bateau ?

Camille : Oui ! C’est une invention mécanique géniale qui fonctionne uniquement avec la force du vent et de l’eau, sans consommer un seul watt d’électricité.

Bastien : Dès que le bateau dévie un tout petit peu de sa route, le vent fait pencher la petite girouette en bois ou en métal.

Bastien : Cette girouette fait tourner une pale plongée dans le sillage, et la pression de l’eau tire sur les cordes de la barre pour remettre le voilier dans le droit chemin !

Camille : Les marins solitaires donnent même toujours un petit surnom affectueux à leur régulateur d’allure, parce que c’est leur meilleur ami qui tient la barre vingt heures par jour !

Bastien : Et comment fait-on la cuisine à bord d’un petit voilier traditionnel quand le bateau penche à trente degrés dans les vagues ?

Camille : Grâce au réchaud monté sur cardan : la petite gazinière se balance librement de gauche à droite pour que la casserole d’eau bouillante reste toujours parfaitement horizontale !

Bastien : Et dans les coffres en bois, les marins emportent des oignons, des pommes de terre, du riz, de la farine pour cuire du pain à la poêle et des bocaux stérilisés.

Camille : Certains font même pousser des graines germées de lentilles ou de radis dans un bocal en verre suspendu dans la cabine pour avoir de la salade fraîche en pleine mer !

Bastien : Une petite salade verte croquante à deux mille kilomètres de toute terre, c’est le grand luxe du navigateur !

Camille : J’adore cette astuce de marin !

Camille : Et quand le vent tombe complètement au milieu de la zone du pot-au-noir près de l’équateur, que font les marins ?

Bastien : Ils plongent nager autour de leur coque en bois dans l’eau bleue profonde, ils réparent les coutures de leur voile à l’aiguille et ils attendent patiemment le retour de la brise.

Camille : En mer à la voile, c’est la nature qui décide de l’emploi du temps, et jamais la montre.

Bastien : C’est la plus belle école de patience qui existe.

Camille : C’est certain !

Bastien : Et chaque escale dans une île lointaine après trente jours de mer a un goût de paradis.

Camille : Alors montre-moi tout de suite comment fonctionne ton sextant en laiton sur le balcon : voyons si nous arrivons à mesurer la hauteur du soleil à midi !

Bastien : Avec plaisir ! Un carnet, un crayon, un sextant et le vent dans la voile : nous sommes prêts à prendre le large !

Camille : Merci pour cette traversée poétique à bord des bateaux les plus attachants de l’histoire maritime !

Bastien : Merci à tous nos auditeurs, bon vent sous les étoiles et à très bientôt pour une nouvelle escale !