Marvel contre DC : qui gagne vraiment ? (B2)
Marvel versus DC: who really wins? — Une fan de Marvel, un fan de DC, une étudiante en cinéma et un sceptique se disputent au sujet des super-héros : leurs personnages, les films qui ont marqué l’histoire, les actrices et les acteurs, et pourquoi tout cela rapporte des milliards.
Léa : Marvel contre DC : les héros, les films et les milliards de dollars.
Antoine : Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue autour de la table ! Aujourd’hui, on rouvre un vieux débat entre amis : Marvel ou DC, et pourquoi ces films gagnent autant d’argent.
Léa : Je suis Léa, la fan de Marvel de la bande, et je ne m’en cache pas. J’ai vu presque tous les films, plusieurs fois, et parfois en pyjama devant la télé.
Antoine : Et moi, c’est Antoine, et je défends DC. Batman, Superman, Wonder Woman : mes héros sont plus sombres, plus sérieux, et franchement plus profonds que ceux de Léa.
Chloé : Moi, c’est Chloé. Je fais des études de cinéma, donc je regarde la mise en scène, la lumière et la musique. Les deux camps m’intéressent, et je ne veux pas choisir.
Karim : Et moi, Karim, le sceptique de service. Je ne déteste pas les super-héros, mais j’ai l’impression de voir le même film depuis dix ans. Alors, convainquez-moi.
Léa : C’est parti. Karim, je parie qu’à la fin, tu seras moins sceptique.
Karim : On verra bien, Léa. Je ne promets rien.
Chloé : Bon, concrètement, qu’est-ce qui vous accroche chez l’un ou chez l’autre ? Les personnages, déjà ? Un héros de Marvel et un héros de DC, ce n’est pas pareil, non ?
Léa : Pour moi, c’est simple. Chez Marvel, les héros sont des gens ordinaires avec des problèmes ordinaires.
Léa : Spider-Man, créé au début des années soixante, est un lycéen qui ne paie pas son loyer, qui rate ses rendez-vous.
Karim : Ça, je veux bien le croire.
Léa : On se reconnaît dedans. Et à vrai dire, c’est ça, le secret de Marvel : un super-héros qui a mal au dos, qui se dispute avec ses amis, qui se trompe.
Antoine : Oui, mais regarde l’âge des héros de DC. Superman apparaît en mille neuf cent trente-huit, Batman un an plus tard. Ce ne sont pas des voisins, ce sont des mythes, presque des dieux grecs en costume.
Antoine : Superman vient d’une autre planète, Wonder Woman d’une île de guerrières. Même Batman, qui n’a aucun pouvoir, vit dans une ville qui ressemble à un cauchemar. Ça donne des histoires plus grandes et plus graves.
Karim : Des dieux, je veux bien, mais un dieu qui ne peut pas perdre, ça devient vite ennuyeux. Si Superman est invincible, où est le suspense ? Moi, si je sais qu’il est invincible, je décroche : un film doit me tenir en haleine, et lui n’y arrive plus.
Antoine : Pas si vite, Karim. C’est le piège, justement. Les bons auteurs de DC montrent un Superman qui doute, qui a peur de faire du mal aux autres. Sa force est son problème.
Karim : Là, ça devient plus intéressant.
Chloé : Il y a aussi une différence de ton qu’on voit tout de suite à l’image. DC aime les ombres, la nuit, les couleurs froides, la pluie.
Chloé : Marvel préfère des couleurs vives et une lumière plus claire, presque de la bande dessinée.
Léa : Et surtout, Marvel a eu une idée géniale : mettre tous ces héros dans le même monde. Un film ne suffit pas, il faut suivre les autres, et c’est ce qui permet de tenir en haleine les spectateurs depuis tant d’années.
Karim : Ça, c’est du marketing, Léa. À tort ou à raison, j’ai l’impression qu’on te pousse à tout regarder : si tu rates une série, tu rates une référence, et tu ne comprends plus rien.
Léa : Oui, un peu, c’est vrai.
Léa : Mine de rien, c’est aussi un travail d’écriture énorme. Tenir ensemble des dizaines de personnages, ce n’est pas facile. Et on s’attache à eux comme à des amis.
Antoine : Certes. Mais chez DC, un seul héros peut porter un film entier. Batman n’a pas besoin d’une équipe pour qu’on le regarde pendant deux heures et demie.
Chloé : C’est une bonne remarque.
Chloé : Et si on doit choisir LE film qui a tout changé, vous diriez quoi ? Pour Marvel, j’en vois un tout de suite, et c’est en deux mille huit.
Léa : Bien sûr ! C’est l’année d’Iron Man, avec Robert Downey Junior dans le rôle de Tony Stark. À l’époque, personne ne croyait vraiment en ce projet, et c’était presque un pari fou.
Léa : Le film fait un carton, et Marvel commence à construire son grand univers de films, film après film, pendant onze ans, jusqu’à Avengers : Endgame en deux mille dix-neuf.
Karim : Onze ans, plus de vingt films, tout ça pour un seul film final. C’est quand même une drôle de façon de raconter une histoire.
Léa : Mais ça a marché, Karim ! Je me souviens d’une salle pleine à craquer, où des inconnus applaudissaient ensemble. Je n’ai jamais revu ça au cinéma.
Antoine : Moi aussi, j’y étais.
Chloé : Et chez DC, la date que je retiens, c’est aussi deux mille huit : The Dark Knight, de Christopher Nolan. Je le montre souvent en cours : il sait prendre le contre-pied des films de héros habituels, c’est un vrai film de cinéma.
Antoine : Enfin quelqu’un qui parle comme il faut ! Le Joker de Heath Ledger fait peur, vraiment. L’acteur a reçu un Oscar après sa mort, et tout le monde a trouvé que c’était juste.
Léa : Oui, mais lui, c’est un cas à part.
Chloé : Ce qui est fort, c’est que le film pose une question de société : jusqu’où peut-on aller pour protéger une ville ? Le héros n’a pas toujours le beau rôle, et c’est rare dans ce genre de film.
Karim : D’accord, celui-là, je l’ai aimé. Mais DC a fait d’autres films moins réussis, et il a eu du mal face à Marvel. Cette réputation lui colle à la peau, à tort ou à raison.
Chloé : C’est déjà un début.
Antoine : Oui, il y a eu des erreurs, je ne vais pas le nier. Les films en équipe ont été critiqués, pourtant d’autres projets ont retrouvé du souffle, avec des histoires plus courtes et plus personnelles.
Léa : Tu vois, Antoine : même toi, tu es obligé de dire que Marvel a plus de réussite sur la durée. Chez nous, tout est préparé avec soin, on sent un plan.
Antoine : Oui, mais attention. Un plan, oui. Mais un bon plan ne fait pas forcément un grand film, Léa. Un film peut être très bien organisé et passer à côté de l’émotion.
Chloé : C’est une vraie question de cinéma, et je suis d’accord avec les deux. Marvel a inventé une façon de faire des films en série, DC a souvent préféré le risque d’un regard d’auteur.
Karim : Parlons argent, parce que c’est ce qui m’intéresse. On entend toujours des chiffres énormes. Léa, combien rapporte un film comme Endgame, exactement ?
Léa : De mémoire, environ deux milliards huit cents millions de dollars à sa sortie en deux mille dix-neuf, près de trois milliards avec les reprises. À prendre avec des pincettes : il faut rester prudent avec les chiffres.
Léa : C’est parmi les deux ou trois plus gros succès de toute l’histoire du cinéma.
Karim : Deux milliards huit cents millions… Pour un film ! Avec cette somme, on pourrait construire des hôpitaux. Franchement, ça me donne le vertige.
Chloé : Même si un film fait un carton au box-office, ça ne veut pas dire que tout est gagné. Il ne faut pas confondre ce que le film rapporte et ce que le studio gagne.
Chloé : Une grande partie de l’argent va aux salles de cinéma, et les budgets de ces films sont énormes aussi, souvent plus de deux cents millions de dollars, environ.
Antoine : Et il y a tout le reste : les jouets, les vêtements, les jeux vidéo, les parcs d’attractions. Un héros, c’est un produit qu’on peut vendre pendant des dizaines d’années.
Léa : C’est pour ça que Disney a acheté Marvel en deux mille neuf, pour environ quatre milliards de dollars.
Léa : À l’époque, certains ont dit que c’était trop cher. Tout compte fait, c’est devenu l’un des meilleurs achats de l’industrie.
Karim : Quatre milliards, vraiment ?
Karim : Moi, ce que je vois, c’est que, à tort ou à raison, les studios ne prennent plus de risques. On vous donne ce que vous connaissez déjà, avec un autre costume, et vous payez votre place avec le sourire.
Léa : Un risque, il y en a toujours. Quand Iron Man est sorti, personne ne connaissait ce héros, et les Gardiens de la Galaxie, avec un raton laveur et un arbre qui parle, ça aurait pu être un désastre.
Antoine : C’est vrai, ce film était un pari.
Chloé : La vraie raison du succès, selon moi, c’est qu’on va voir ces films ensemble. C’est une sortie, une fête, un rendez-vous. On y trouve de l’action, de l’humour, de la musique, et une histoire qu’on peut raconter après.
Antoine : Et au-delà du cinéma, il y a l’idée qu’on aime se retrouver autour de mêmes histoires, comme autrefois autour des légendes. Les héros d’aujourd’hui sont nos mythes.
Karim : Mythes ou pas, je trouve que ça demande beaucoup de patience. Il faut regarder une série, trois films, un autre film, avant de comprendre le suivant. On peut en avoir pour son argent, mais on y passe aussi un temps fou.
Chloé : Parlons des actrices et des acteurs, parce que ce sont eux qui donnent un visage à ces héros. Et aussi des personnages féminins, qui ont longtemps manqué dans ce genre de film.
Antoine : Là, je marque un point pour DC : Wonder Woman, en deux mille dix-sept, avec Gal Gadot, et réalisé par une femme, Patty Jenkins. Ce film a montré qu’une héroïne pouvait porter un grand film, et gagner beaucoup d’argent.
Léa : Bien joué, Antoine. Je suis d’accord, c’était important.
Léa : Mais Marvel sait tirer son épingle du jeu : Scarlett Johansson joue Black Widow depuis des années, et en deux mille dix-neuf, Brie Larson est Captain Marvel, notre première héroïne avec son propre film chez Marvel Studios.
Karim : Il a fallu attendre longtemps, quand même. Onze ans après Iron Man, seulement. Ce n’était pas le beau rôle pour Marvel, et on risque de passer à côté d’une grande partie du public pendant dix ans, et de s’étonner ensuite que les spectateurs se plaignent.
Léa : C’est juste, Karim. Je le reconnais : le début a été trop masculin. Mais depuis, les rôles féminins sont plus riches, et on a de vrais personnages, pas seulement des partenaires du héros.
Chloé : Oui, ça a changé. Et puis il y a Black Panther, en deux mille dix-huit, réalisé par Ryan Coogler. Chadwick Boseman y joue le roi du Wakanda, et le film a fait un carton, un véritable événement culturel, avec des femmes fortes tout autour de lui.
Antoine : Boseman est mort trop jeune, en deux mille vingt, et sa dignité dans ce rôle reste dans les mémoires. Les fans, chez Marvel comme chez DC, lui ont rendu hommage.
Léa : Oui, c’était très triste. Chris Hemsworth, lui, a montré qu’un acteur costaud peut aussi être très drôle. Son Thor a changé de ton au fil des films, il est devenu un grand garçon plein d’humour, et le public a adoré.
Karim : Et Robert Downey Junior, dans tout ça ? Il tient presque seul le premier film. Sans lui, honnêtement, je ne suis pas sûr que tout ça existerait.
Chloé : Je pense que c’est vrai. Un grand acteur a le pouvoir de rendre vraisemblable une histoire impossible. Les bons films de super-héros reposent d’abord sur les visages, ensuite seulement sur les effets spéciaux.
Karim : Là, je suis d’accord avec toi.
Antoine : Je te donne raison, Chloé. Et ça vaut pour Batman aussi : Christian Bale, Robert Pattinson, Ben Affleck, chacun a donné à Bruce Wayne une couleur différente, et c’est ce qui nous tient depuis longtemps.
Léa : Bon, Karim, là, tu en es où ? Après tout ça, toujours sceptique ? Qu’est-ce qui te gêne encore, au fond ?
Karim : Ce qui me gêne, c’est la fatigue. Trop de films, trop de séries, trop de costumes. Quand tout le monde fait la même chose, on a du mal à tirer son épingle du jeu, et on finit par passer à côté de la surprise.
Chloé : Je te comprends, et je crois que certains studios l’ont compris aussi. Les films qui marquent aujourd’hui sont souvent ceux qui osent prendre le contre-pied des règles du genre.
Antoine : Prenons Joker. Un film comme Joker, sorti en deux mille dix-neuf, a renversé tout ce qu’on attendait : pas de grande bataille, pas d’équipe, juste un homme seul. Il a rapporté environ un milliard de dollars.
Karim : Celui-là, mine de rien, il m’a surpris. Mais c’est l’exception.
Karim : La plupart du temps, on sait comment ça finit : le héros gagne, il y a une grosse explosion, et une scène après le générique pour annoncer le prochain film.
Léa : Tu vois ?
Léa : Mais une bonne histoire, ce n’est pas seulement la fin. Ce sont les personnages qu’on suit, les relations, les petites phrases qu’on répète ensuite entre amis. À vrai dire, c’est pour ça que je reviens à chaque fois.
Chloé : Pour moi, la meilleure réponse, c’est que ces films sont devenus notre cinéma populaire. Comme les westerns d’autrefois, ils racontent le bien et le mal, mais avec les inquiétudes d’aujourd’hui : la peur, la solitude, le pouvoir.
Antoine : Et à la fin, ce n’est pas Marvel contre DC, c’est le public qui gagne, parce qu’il a le choix. Deux grandes maisons qui se font concurrence, ça pousse chacune à faire mieux, et chacun peut en avoir pour son argent.
Karim : Je veux bien vous accorder ça. Tout compte fait, je ne suis pas contre les super-héros : je suis contre la répétition. Faites-moi un film vraiment différent, et je serai le premier dans la salle.
Léa : Ça, c’est une victoire ! Je ne dis pas que tu as changé d’avis, mais tu as fait un pas vers nous.
Chloé : Un petit pas, c’est déjà beaucoup.
Karim : Un tout petit pas, Léa. Un petit pas de héros, pas encore un saut de géant.
Antoine : Ça se fête.
Antoine : Dernier tour de table, alors : un mot chacun, un film à recommander.
Chloé : Pour moi, The Dark Knight : la mise en scène, la musique, un vrai grand film. Et ensuite, Black Panther, pour la beauté des décors et des costumes.
Léa : Moi, le premier Iron Man, pour voir comment tout a commencé. Et Captain Marvel, pour le plaisir.
Antoine : Wonder Woman, pour sa force et sa douceur. Et Joker, pour ceux qui n’aiment pas les héros, comme toi, Karim.
Karim : Je commence par Joker, alors, et on en reparle. Merci à tous les trois, c’était un vrai plaisir de me disputer avec vous.
Léa : Un petit résumé pour finir. Marvel construit un grand monde avec des héros proches de nous, DC raconte des mythes plus sombres. Les films rapportent des milliards, environ, grâce aux acteurs, aux actrices et à l’envie de se retrouver au cinéma.
Chloé : Merci d’avoir écouté ! Et vous, de quel côté êtes-vous, Marvel ou DC ? Écrivez votre réponse en français, et donnez au moins deux raisons. À très bientôt !