Blade Runner : la pluie et la lumière (B1)

Blade Runner: rain and light — A flop in 1982, a classic today. Night shoots, rain machines, smoke that catches light, a T-shirt war on set — and the sequel that finally won Roger Deakins his Oscar.

Marie : Thomas, quand Blade Runner est sorti en mille neuf cent quatre-vingt-deux, peu de gens l'aimaient, c'est vrai ?

Thomas : C'est vrai. Les critiques le trouvaient lent et trop sombre, et le public n'est pas venu.

Marie : Aujourd'hui, c'est un film culte. Pourquoi ?

Thomas : L'image. Ridley Scott a inventé une ville du futur qui ne ressemblait à aucune autre.

Marie : Je me souviens surtout de la pluie. Il pleuvait tout le temps !

Thomas : Parce que Scott tournait presque toujours la nuit, avec des machines à pluie et beaucoup de fumée.

Marie : Pourquoi la fumée ?

Thomas : La fumée attrape la lumière : les rayons des projecteurs devenaient visibles, comme dans une cathédrale.

Marie : L'équipe devait être épuisée.

Thomas : Elle l'était. Et Scott a dit à un journal qu'il préférait les équipes anglaises.

Marie : Oh non. Et les Américains ont lu l'article ?

Thomas : Oui. Ils ont fabriqué des tee-shirts moqueurs, et Scott a répondu avec ses propres tee-shirts.

Marie : Quel humour ! Et les effets spéciaux ? Il n'y avait pas d'ordinateurs.

Thomas : Tout était réel : la ville du début, c'était une grande maquette avec des néons.

Marie : Et trente-cinq ans plus tard, Denis Villeneuve a tourné la suite, Blade Runner deux mille quarante-neuf.

Thomas : Grâce à ce film, le directeur de la photographie, Roger Deakins, a enfin gagné un Oscar.

Marie : Pourquoi « enfin » ?

Thomas : C'était sa quatorzième nomination. Avant, il perdait toujours !

Marie : À mon avis, les deux films vieilliront bien, parce que leur lumière est vraie.

Thomas : Je suis d'accord. Dans cinquante ans, on les regardera encore.