Les grands hackers (A2)

The great hackers — A toy whistle from a cereal box, two young Steves selling blue boxes, and Kevin Mitnick, who hacked people rather than machines. A fan and a sceptic argue about white hats, black hats and grey ones.

Marie : Allô ? Allô ? Thomas, tu m'entends ? Je t'appelle gratuitement, avec un sifflet !

Thomas : Avec un sifflet ? Tu as regardé trop de films, toi.

Marie : Pas du tout ! C'est une histoire vraie. Bonjour à tous !

Marie : Aujourd'hui, on va parler des grands hackers. Et on commence avec un sifflet.

Thomas : Bon, je t'écoute. Mais je suis sceptique.

Marie : L'histoire commence aux États-Unis, il y a plus de cinquante ans. Un homme, John Draper, a découvert un petit secret.

Marie : Des boîtes de céréales, les Cap'n Crunch, ont donné un petit sifflet en cadeau aux enfants.

Marie : Et ce sifflet fait une note très spéciale. La note exacte des machines du téléphone.

Thomas : Et alors ? C'est un son.

Marie : Justement ! Tu siffles dans le téléphone, la machine entend sa note, et la ligne est à toi.

Marie : Avec ce truc, des gens ont appelé partout dans le monde, sans payer. Et John Draper a reçu un surnom : Captain Crunch.

Thomas : Comme les céréales !

Marie : Comme les céréales. Ces pirates du téléphone, on les appelle les phreakers.

Thomas : Mouais. Pour moi, ce n'est pas un héros. Il n'a pas payé ses appels, c'est tout.

Marie : Attends, ce n'est pas la question. Il a compris une machine énorme avec un jouet !

Marie : Et tu sais qui a lu cette histoire dans un magazine ? Deux jeunes, Steve Wozniak et Steve Jobs.

Thomas : Les fondateurs d'Apple ?

Marie : Eux-mêmes. Avant Apple, ils ont fabriqué des petites boîtes bleues. Des boîtes pour téléphoner gratuitement.

Marie : Et ils les ont vendues à des étudiants.

Thomas : Donc Apple a commencé avec un petit business illégal. Super.

Marie : C'est un peu ça. Wozniak raconte cette histoire lui-même, avec un grand sourire.

Thomas : Bon. Moi, mon grand hacker, c'est Kevin Mitnick. Et lui, ce n'est pas une histoire de céréales.

Marie : Vas-y, raconte.

Thomas : Mitnick a commencé très jeune. Adolescent, il est déjà entré dans des systèmes informatiques.

Thomas : Mais son arme préférée, ce n'est pas l'ordinateur. C'est le téléphone.

Marie : Encore le téléphone !

Thomas : Il a appelé des employés, et il a dit : « Bonjour, je travaille au service informatique. J'ai besoin de ton mot de passe. »

Thomas : Et souvent, les gens ont donné leur mot de passe. Comme ça, sans problème.

Marie : Vraiment ? Juste avec un coup de fil ?

Thomas : Vraiment. On appelle ça l'ingénierie sociale. Tu ne pirates pas la machine, tu pirates la personne.

Marie : C'est malin. Un peu méchant, mais malin.

Thomas : Plus tard, il a copié des programmes de grandes entreprises. Et le FBI l'a cherché pendant plus de deux ans.

Marie : Et ils l'ont trouvé ?

Thomas : En mille neuf cent quatre-vingt-quinze. Il est allé en prison pendant presque cinq ans.

Marie : Cinq ans ! C'est beaucoup, non ?

Thomas : Pour moi, c'est normal. Il est entré chez les gens sans permission.

Marie : Non, attends. D'après Mitnick, un procureur a raconté une histoire incroyable au juge.

Marie : Il a dit : « Cet homme peut lancer un missile nucléaire, juste en sifflant dans un téléphone ! »

Thomas : Encore un sifflet ?

Marie : Eh oui ! Et à cause de ça, selon lui, il est resté seul dans une cellule pendant des mois.

Thomas : Bon, ça, c'est exagéré. Mais il a quand même fait des choses graves.

Marie : Je ne dis pas le contraire. Mais après la prison, il a changé de camp.

Marie : Il a créé une entreprise de sécurité. Des entreprises l'ont payé pour tester leurs systèmes. Il est mort en deux mille vingt-trois, et il est resté très célèbre.

Thomas : Il est passé du côté des chapeaux blancs, quoi.

Marie : Les chapeaux blancs ? Tu expliques pour nos auditeurs ?

Thomas : C'est une image des vieux westerns. Le gentil cow-boy porte un chapeau blanc. Le méchant porte un chapeau noir.

Thomas : Un chapeau noir, c'est un hacker qui entre dans un système pour voler ou pour casser.

Thomas : Un chapeau blanc trouve le problème, et il le dit à l'entreprise. Avec sa permission.

Marie : Et aujourd'hui, les entreprises paient ces chapeaux blancs. Parfois très bien.

Thomas : Ah bon ? Combien ?

Marie : Ça dépend. Pour un gros problème, des dizaines de milliers de dollars, et même plus.

Thomas : Pas mal ! Je vais peut-être changer de métier.

Marie : Toi ? Tu as oublié ton mot de passe trois fois cette semaine.

Thomas : Deux fois ! Pas trois.

Marie : Tu vois, la personne facile à pirater, c'est toi.

Thomas : Très drôle. Mais je reste sur mon idée : un chapeau noir reste un voleur. Même s'il est génial.

Marie : Et Captain Crunch, alors ? Chapeau blanc ou chapeau noir ?

Thomas : Gris. Un chapeau gris. Il a volé des appels, mais il n'a pas fait de mal à personne.

Marie : Tu vois ? Tu commences à l'aimer.

Thomas : Un peu. Mais je ne vais pas acheter ces céréales.

Marie : Dommage, elles sont bonnes !

Marie : Bon, c'est fini pour aujourd'hui. Et vous, vous avez un bon mot de passe ?

Thomas : Et ne donnez jamais votre mot de passe au téléphone. Même à une personne très gentille.

Marie : Surtout à une personne très gentille.