Le tennis, pourquoi c'est si dur ? (A1)

Tennis: why is it so hard? — Thomas plays every Saturday and loses every Saturday. Is the hardest part the serve, the feet, being alone on court, or the head? Marie has her own theory. Present tense only.

Thomas : Non, non, non ! Encore dans le filet !

Marie : Thomas ? Tu regardes ta vidéo de samedi ? On est à l'antenne !

Thomas : Ah. Pardon. Bonjour à tous !

Marie : Bonjour ! Alors, Thomas joue au tennis le samedi matin.

Marie : Et le samedi après-midi, il est très en colère.

Thomas : Pas en colère. Un peu fatigué.

Marie : Il tape sur la table. Je le vois !

Thomas : Bon. Le tennis, c'est dur. Très dur.

Marie : Mais pourquoi ? C'est une balle et une raquette.

Thomas : Justement ! La balle est petite et elle va très vite.

Marie : Bof. Au ping-pong aussi, la balle va vite.

Thomas : Mais au ping-pong, la table est petite.

Thomas : Au tennis, le terrain est grand. Très grand.

Thomas : Tu cours à gauche, tu cours à droite, tu cours devant.

Marie : C'est du sport, quoi.

Thomas : C'est du sport, et c'est aussi des maths !

Marie : Ah bon ?

Thomas : Tu calcules tout le temps : la vitesse, l'angle, l'effet.

Marie : Tu calcules, toi ? Sur le terrain ?

Thomas : Mon cerveau calcule. Moi, je cours.

Marie : On commence par quoi ? Le service ?

Thomas : Ah, le service. Mon cauchemar.

Marie : C'est quoi, le service, pour nos auditeurs ?

Thomas : C'est le premier coup. Tu lances la balle en l'air.

Thomas : Et tu tapes très fort, au-dessus de ta tête.

Thomas : La balle passe le filet et tombe dans un petit carré.

Marie : Un petit carré ? Pas dans tout le terrain ?

Thomas : Non ! Dans un petit carré, de l'autre côté.

Marie : Et si tu rates ?

Thomas : Tu as une deuxième chance. Mais pas une troisième.

Marie : Deux chances, c'est pas mal.

Thomas : Tu rigoles ? Les pros servent à plus de deux cents kilomètres à l'heure.

Marie : Deux cents ? C'est plus vite qu'une voiture sur l'autoroute !

Thomas : Et l'autre joueur a moins d'une seconde pour répondre.

Marie : Moins d'une seconde ! C'est impossible.

Thomas : Pas impossible. Mais très, très difficile.

Marie : Et toi, tu sers à combien ?

Thomas : À peu près à la vitesse d'un vélo.

Marie : Un vélo ! J'adore.

Thomas : Tu ris, mais le service, c'est très technique.

Marie : Attends. Moi, je pense que le plus dur, c'est pas le service.

Thomas : Ah bon ? C'est quoi, alors ?

Marie : C'est les pieds.

Thomas : Les pieds ?

Marie : Au tennis, les bons joueurs ont des pieds très rapides.

Marie : Ils font des petits pas, tout le temps. Ils dansent, presque.

Marie : Ma prof de danse dit ça : le tennis, c'est de la danse avec une raquette.

Thomas : Ta prof de danse ne joue pas au tennis.

Marie : Si ! Elle joue le mardi. Et elle gagne.

Thomas : Bon. Les pieds sont importants, c'est vrai.

Thomas : Si tes pieds sont mauvais, ta raquette est mauvaise aussi.

Marie : Voilà. Et toi, tu restes au fond du terrain, comme une statue.

Thomas : Pas du tout ! Je bouge beaucoup.

Marie : Tu bouges beaucoup... après la balle.

Thomas : Très drôle.

Marie : Autre chose. Au tennis, tu es seul. Complètement seul.

Thomas : Ça, pour moi, c'est le plus dur.

Marie : Plus dur que le service ?

Thomas : Oui. Au foot, tu fais une erreur, et un ami t'aide.

Thomas : Au tennis, tu fais une erreur, et personne n'est là.

Thomas : Ton coach est dans les tribunes. Il regarde, mais il ne joue pas.

Marie : Et tu parles tout seul.

Thomas : Et je parle tout seul. Tous les joueurs parlent tout seuls !

Marie : Même les champions crient. Ou ils cassent leur raquette.

Thomas : Moi, je ne casse pas ma raquette. Elle coûte trop cher.

Marie : Tant pis pour le spectacle.

Marie : Et le score ? Pour moi, le score du tennis, c'est un mystère.

Thomas : Ah, le score ! Zéro, quinze, trente, quarante.

Marie : Pourquoi quarante ? Pourquoi pas quarante-cinq ?

Thomas : Bonne question. Personne ne sait vraiment.

Marie : Et le zéro, en anglais, c'est « love ». Ça, j'adore.

Thomas : Autre chose : au tennis, il n'y a pas de limite de temps.

Marie : Pas de limite ? Pas quatre-vingt-dix minutes, comme au foot ?

Thomas : Non. Le match finit quand un joueur gagne. C'est tout.

Thomas : Le record, c'est un match de plus de onze heures, à Wimbledon. Sur trois jours !

Marie : Onze heures ? Non ! Je ne te crois pas.

Thomas : C'est vrai ! Deux grands joueurs, et un match sans fin.

Marie : Moi, après onze heures, je dors sur le terrain.

Thomas : Et c'est ça, le vrai secret du tennis : la tête.

Thomas : Tu perds un point, tu oublies. Tu gagnes un point, tu oublies aussi.

Thomas : Chaque point est un nouveau match.

Marie : Mouais. C'est facile à dire.

Thomas : Facile à dire, très difficile à faire.

Marie : Et toi, le samedi, tu oublies tes erreurs ?

Thomas : Non. J'en parle tout le dimanche.

Marie : Ça, je sais. J'écoute tout le dimanche !

Thomas : Bon. Alors, le plus dur : le service, les pieds, être seul, ou la tête ?

Marie : Pour moi, les pieds. Je ne change pas d'avis.

Thomas : Pour moi, la tête. Mais tu as peut-être un peu raison.

Marie : Seulement un peu ?

Thomas : Ça dépend du jour.

Marie : Et samedi, tu joues encore ?

Thomas : Bien sûr. Je suis nul, mais j'adore ça.

Marie : C'est génial. Moi, je viens. Avec ma prof de danse !

Thomas : Ah non. Pas elle. Elle gagne toujours.